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Sans attache. On va au fil de l’eau.

Notre vie n’est qu’une longue dérive.

Jamais deux fois à la même place, portés au gré du courant

sans rien à quoi s’accrocher pour s’enraciner et se construire.

Nous ne sommes tout au plus que des fleurs du vide qui souli-

-gnent le frisson de l’onde.

Nous paraissons libres rien n’est plus esclave.

Ô la joie que ce doit être d’avoir un lieu où se blottir, tout

plutôt que cette vie à nu sous un ciel toujours changeant trans-

-portés par ce glissement aveugle.

Savez-vous que l’on s’enracine à un coin de ciel par un coin

de terre?

Etrange angoisse justement de n’êtres contenus par rien.

Conscience vide dans un univers fluctuant.

Pour le regard distrait nous sommes libres.

Mais c’est une illusion, notre sol est fluide et sa transparence

le masque.

Notre monde n’est point infini comme il y parait mais borné

de berges, et sitôt atteintes, là où pour vous la vie commence

nous y échouons pour mourir.

Autres textes persos

Vingt ans

Rien extrait de tout. Il n’est plus que matière incolore, sans même de couleur propre. Il ne se teinte qu’au contact d’autres objets.

Notes éparses 1

Tromper la solitude, la pire des infidélités

L’art du rêve

L’art c’est l’humain ajouté à la nature…

Enfance

-Tiens-toi bien.
La voix sèche. Le regard qui l’écrase …


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